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SAP Cloud ERP : le retour d’expérience d’oXya après sa migration interne
– Oct 6, 2026
Nous voulions un nouveau socle pour construire l’avenir.
Début 2026, oXya a obtenu le partenariat SAP PartnerEdge – Sell et accompagne désormais ses clients sur leur transformation vers SAP Cloud ERP (SAP GROW et RISE with SAP) de bout en bout, du conseil jusqu’au run. Cette expertise s’appuie sur une expérience concrète : la migration d’oXya vers SAP Cloud ERP, mise en production en juin 2025.
Dans cette interview, David Vergin, DSI d’oXya, revient sur les grandes étapes de ce projet, les enjeux, les choix effectués et les principaux enseignements utiles pour ceux qui voudraient préparer leur propre transition.
Qu’est-ce qui vous a conduit à faire le choix d’une migration vers SAP Cloud ERP (SAP GROW), et comment avez-vous structuré ce choix ?
En 2024, nous étions confrontés à une situation assez classique pour une entreprise en pleine croissance : un ERP SAP ECC 6.0 EHP7 vieillissant, des fonctionnalités parfois limitées et des remontées récurrentes de soucis autour du reporting. Avec notre développement international, nous observions aussi des divergences dans les processus d’un pays à l’autre. Nous ne voulions pas attendre d’être contraints par l’échéance de fin de maintenance prévue en 2027 : ne rien faire aurait fait peser un risque sur la sécurité, la compatibilité technologique et l’accès aux innovations. Nous avions également la conviction qu’anticiper un tel projet permet de mieux maîtriser le budget, le calendrier, la disponibilité des consultants et les impacts métiers. Cela nous a amenés à une conclusion claire : il était temps de mieux nous outiller pour assurer la pérennité du système d’information et de monter un nouveau socle pour construire l’avenir de l’entreprise.
Nous avons fait le choix d’aller sur SAP Cloud ERP (SAP GROW), avec une approche Greenfield car c’est la seule trajectoire possible pour y parvenir. Cela correspondait pleinement à notre volonté : nous rapprocher au maximum du standard, adopter les bonnes pratiques, et nous préparer pour les innovations à venir, notamment autour de l’IA.
SAP Cloud ERP ne vient pas seul. Nous avons un écosystème qui l’entoure : SAP Cloud ALM, SAP Cloud Identity Suite et SAP Integration Suite. Sur ce dernier point, il est important de le préciser : SAP Integration Suite n’est pas inclus dans le contrat Cloud ERP. Si l’on souhaite s’interconnecter simplement avec des éléments extérieurs, c’est un ajout nécessaire pour assurer cette interopérabilité. Par ailleurs, notre SAP ECC historique n’a pas complètement disparu du paysage : nous l’utilisions pour les modules financiers et le SIRH. Nous avons décidé de conserver le SIRH sur SAP ECC dans un premier temps, pour traiter son replacement dans un second temps.
Par où avez-vous commencé, et comment s’est organisée la phase de cadrage du projet ?
Qui dit Greenfield dit implication forte du métier. C’est un facteur clé de réussite, d’autant plus que les équipes devaient contribuer au projet tout en assurant la continuité du run.
La première étape clé est le DDA (Digital Discovery Assessment), mené dans la phase Discover de la méthode SAP Activate. Cette méthodologie fournit un cadre structuré avec six étapes pour piloter la transformation : Discover, Prepare, Explore, Realize, Deploy et Run. Le DDA est un élément structurant : il permet de définir le profil de l’entreprise et de sélectionner les bundles à implémenter et à paramétrer. Il existe de l’ordre de 1 500 scope items disponibles ; nous sommes arrivés avec une sélection de 246, répartis sur deux bundles principaux, « Baseline Accelerator » et « Enterprise Management ». Il faut absolument soumettre cette étape au métier et en discuter avec les équipes pour limiter les oublis de processus. Un oubli reste rattrapable, mais il se traduit ensuite par un scope item à activer et à paramétrer en dehors du périmètre initial. Il est donc préférable de l’anticiper.
Après cette phase de cadrage, quels ont été pour vous les principaux points d’attention pour réussir la mise en œuvre ?
La phase Explore permet de confronter le métier à la réalité du nouveau logiciel. Une instance appelée « starter » est disponible dès le début : les utilisateurs peuvent se connecter sur un environnement pré-paramétré, exécuter des fonctionnalités, se familiariser avec l’outil et identifier les écarts. Ces écarts sont catégorisés et traités – soit par une évolution du processus, soit par une customisation via les Business Add-Ins, les custom fields et d’autres paramètres ajustables. Nous avons travaillé avec une sensibilité forte sur le Fit-to-Standard : plus nous restons proches du standard, plus nous absorbons facilement les évolutions apportées par SAP, et plus les cycles de test lors des deux upgrades annuels sont limités et maîtrisés.
La migration des données est aussi un chantier auquel il faut consacrer du temps et sur lequel le métier est fortement sollicité. L’idée est de leur permettre de vraiment s’approprier leurs données et de donner des directives, en collaboration avec les équipes techniques. Nous avons utilisé le Data Migration Cockpit fourni par SAP, qui permet de faire une pré-injection et d’obtenir un avis sur la cohérence des données avant même de lancer l’injection définitive. Nous avons choisi de passer par des fichiers Excel pour garantir une haute qualité de données et éviter les corrections manuelles après transfert.
Sur la partie sécurité, le SSO s’implémente assez facilement. La partie Autorisations, en revanche, est un point critique : des autorisations découle la gestion du « Segregation of Duties » (SoD), l’identification des rôles métier, et surtout le nombre de FUE (Full Use Equivalent) facturé qui détermine si notre utilisation reste bien dans le cadre du contrat signé avec SAP. C’est un compteur dynamique consultable sur SAP for me ; il faut y prêter attention dès la conception.
Nous avons démarré concrètement en septembre 2024 pour un go-live début juin 2025 – neuf mois, avec une équipe réduite. Un point d’attention important sur le planning : l’activation du système de production déclenche la destruction de l’environnement starter sous trente jours. Il faut donc s’assurer que tout ce que nous souhaitions finaliser – notamment les dernières sessions de formation – soit bien terminé avant cette bascule.
Quels bénéfices concrets retenez-vous, et quelles sont les prochaines étapes ?
Plusieurs choses sont très appréciées sur le terrain suite à cette migration vers SAP Cloud ERP. Sur la partie Procure-to-Pay (P2P), nous avons pu unifier la façon de passer une commande et de traiter les paiements fournisseurs à l’échelle mondiale, ce qui apporte une clarté très appréciée de nos auditeurs. Sur le Record-to-Report (R2R), les CDS Views offrent une connexion directe avec Power BI qui réduit grandement la dépendance aux fichiers Excel. Et globalement, ce qui revient souvent dans les retours des équipes, c’est l’autonomie que Fiori leur donne pour travailler leurs vues et leurs filtrages, pour faire parler la donnée sans dépendre de l’IT. Pour quelqu’un qui n’a jamais utilisé SAP, Fiori est une interface web moderne et accessible. Pour quelqu’un qui avait ses habitudes dans ses transactions, il faut l’accompagner et lui montrer qu’il peut retrouver ses repères. C’est un vrai sujet de gestion du changement, et la méthodologie Activate aide en ce sens puisque les utilisateurs peuvent toucher à l’outil dès le début du projet. Au final, ce projet nous a surtout permis de poser une nouvelle base pour notre système d’information finance, plus standardisé, plus lisible et prêt pour les prochaines évolutions.
Après le go-live, nous nous sommes inscrits dans une logique d’amélioration continue. La facturation électronique était une priorité immédiate pour 2026 avec le passage en production de la Belgique en mars et de la France en septembre. Nous avons retenu la solution Easy to Invoice, conçue pour s’interfacer avec S/4HANA et SAP Cloud ERP. Nous avons également lancé un projet de data platform afin de centraliser et croiser les données issues de SAP et de nos autres outils. Sur l’IA, nous avons activé Joule Base et nous nous sommes challengés sur un cas d’usage concret via l’Early Watch : le SAP Cash Application, pour automatiser les rapprochements bancaires et faire gagner du temps aux équipes. C’est d’ailleurs un conseil très simple que je donnerais : lisez les Early Watch. Ils contiennent beaucoup d’informations utiles pour détecter des opportunités d’innovation.
Cette expérience a également eu une conséquence directe sur notre organisation : nous avons mobilisé de nombreuses personnes en interne pour comprendre les différents modules et consolider une connaissance robuste de SAP Cloud ERP. La conclusion naturelle a été d’intégrer cette expertise fonctionnelle dans notre offre de services. oXya propose désormais une offre de TMA dédiée à SAP Cloud ERP, pour accompagner ses clients dans leur transformation, du conseil jusqu’à l’exploitation de leur système d’information. L’objectif est de partager ce que nous avons appris sur notre propre projet, mais aussi d’aider les clients à sécuriser la trajectoire, à maîtriser le run et à continuer à faire évoluer leur environnement après le go-live.
Vous envisagez une migration vers SAP Cloud ERP ? Échangeons sur votre trajectoire et les conditions de réussite de votre projet.